27 juin 2009
la kermesse
Après le déluge du matin, le ciel était d'été. La chaleur invitait à la paresse, à la lecture et à la nudité. Lorsque la météo le lui permettait, elle s'installait dans son hamac pour bouquiner, nue. Cela se passait entre sa tournée du matin et celle du soir. Elle épluchait ses vêtements comme elle déshabillait une banane. C'était très important d'avoir la peau à l'air. Si elle avait pu, elle aurait jeté à la poubelle ses habits, après chaque tournée, parce qu'ils étaient le lien avec tous ces gens malades et mourants qu'elle avait soigné le matin; le lien et l'isolant. Entre elle et eux, il y avait cette membrane hermétique, inutile pendant sa pause.
Déjeuner en paix. Lire nue, bercée.
Elle ne savait pas qu'elle heure il était, parce qu'il lui semblait que les cloches de l'église, toute proche, n'avaient pas sonné cet après-midi. Aucune importance. Elle sentait intuitivement qu'elle pouvait poursuivre sa lecture. Elle s'endormit un peu, juste quelques minutes. Ces micro sommeils lui étaient salutaire.
Le bruit d'un mariage dans le parc de la Mairie, de l'autre coté de la sente, interrompit son sommeil. Un sourire aux lèvres, elle se dit que c'était une bien belle connerie le mariage, et qu'ils allaient morfler les tourtereaux..
L'horloge à deux têtes lui confirma doublement qu'il était bientôt l'heure de retourner travailler. Elle fit vite, à vélo. Elle annula la baby-sitter, couru jusqu'à l'école pour récupérer sa fille. Ces retrouvailles imprévues faisaient toujours un peu râler l'écolière, qui la taquinait en lui disant qu'elle aurait préféré que ce soit Camille, comme prévu.
Sur le chemin, c'était un joyeux bordel de gamins en tous genres et nombres, énervés parce que ce soir avait lieu la kermesse de l'école...
Et puis voilà que de l'autre côté de la rue, celui ou le soleil donne, elle avait senti un regard, une présence. Il la regardait avec un grand sourire dans les yeux. Ils ne s'étaient pas vu depuis 6 ans. Naturellement, elle avait traversé la rue, pour le saluer, lui dire son étonnement de le trouver là. ça lui faisait plaisir de le revoir, le premier après son mari, le premier qui l'avait fait jouir. Lui il ne disait presque rien, il la regardait. Il la suivit du regard, jusqu'à ce qu'elle disparaisse après les escaliers. Non sans lui avoir donné rendez-vous tout à l'heure, à la kermesse.
02 juin 2009
baise-moi!
Irrémédiablement, le bromure qu'est la pilule pour la gent féminine a fait son travail. Depuis quelques mois qu'elle me coupait les couilles, j'étais devenue
Tiédasse.
Amicale.
Calme.
Calmée.
Linéaire.
Plus d'envie (s), zéro libido. Comme à chaque fois. Plus de Oh!, plus de collants bas. Pas de refus, non, mais bon, " ... moui..humf...pourquoi pas?...bon allez, j'te suce et on en parle plus ok? T'es gentil ...".
Preum's j'me suis dis "...ça y est, c'est cuit..."
En deuze, j'ai pris le taureau par les cornes: lingerie, serre-taille, scénarios parisiens et champêtres. Total, une bonne rhinite allergique, un suppo et au lit.
Bref, rien quoi.
Jusqu'à ce matin de la semaine dernière où, mal réveillée, passant devant le miroir, je me suis enfin vue, vache aux hormones.
Anesthésiée, oedématiée, castrée.
Auto-mutilée chimiquement.
Alors j'ai pas pu l'avaler.
Impossible.
Ma pilule était devenue énorme, monstre-tueuse. Et tous les autres matins, idem.
Après quelques jours, j'ai pris ma décision d'arrêter définitivement ce poison.
Si mon homme est ok.
S'il accepte de partager cette responsabilité qu'est la gestion du moyen de contraception d'un couple
( cet homme est merveilleux )
Il m'a écouté, sans m'interrompre. Il m'a cru, lorsque je lui ai expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un désir d'enfant non assumé. Il nous fait confiance.
Depuis, mon cul et moi, on s'est retrouvé.
Dans le miroir du matin j'ai plus jamais vu de vache, seulement des lapins.




