14 juillet 2009
la kermesse-2-
Le retour jusqu'à la maison se fit en pilotage automatique.
Il n'avait pas changé.
De loin, on entendait des rires d'enfants, des discussions. Elle chassa de son esprit qu'il devait être quelquepart dans cette foule, à l'attendre. L'exercice s'avérait compliqué: prendre part aux conversations, sourire, ne pas le chercher du regard, se présenter sous son meilleur jour aux parents des amis de sa fille qu'elle n'avait pas eu l'occasion de rencontrer pendant cette année scolaire, et puis également saluer le maire, s'entretenir avec la directrice de l'école, ne pas se troubler à la vue de sa silhouette là-bas, écouter poliment la complainte de ses patients présents à la fête, faire abstraction de cette chemise blanche qui s'approche, poursuivre sur le même ton tout en se détournant, pour finir par se réfugier entre les 4 murs des toilettes, refuge inconfortable mais salutaire pour souffler un peu.
Mais de quoi avait-elle peur, bordel ?
Rapidement, elle fît le point. A sa connaissance, il n'avait pas d'enfant, et pas de raison de se trouver à cette fête d'école. En revanche, avec quelques révélations bien plaçées, il pouvait ruiner sa réputation et sa carrière en 2 minutes chrono; mais elle n'avait pas souvenir d'un fieffé salaud, sa présence ici ne pouvait être mue par un désir de vengeance, d'autant qu'ils s'étaient quitté en bons termes ( un ami bien intentionné l'avait informé qu'il la trompait régulièrement avec son ex petite amie. Elle l'avait donc attendu le soir même, au champagne, puis l'avait viré avec fracas aussi sec. ).
L'annonce du passage sur scène des CE2 l'obligea à sortir. Elle leva les mains pour applaudir, mais ses mains ne se rejoindraient jamais, attrapées au vol par les siennes. Sans un mot, il la guida à travers la foule.
Commentaires
oups ! tu entretiens le suspense
"Mais de quoi avait-elle peur, bordel ?" oui mois aussi je me pose la question ...mais bon ! je n'ai pas tous les éléments
Trop peu, pas assez... J'attends. Vite.
A part le "bordel"...
J'attends la suite. L'ambiance reste celle que Fournier nous a laissée dans son unique roman. Pas besoin de "bordel" pour l'apprécier.
On est toujours dans l'ambiance !
J'essaie Alain, j'essaie. Un peu trop rapidement Gicerilla, je suis d'accord. Mais le temps me manque tellement ( je sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je ne peux écrire que lorsque je suis seule, dans le calme absolu... très difficile que les conditions soient toutes réunies en ce moment ). Ah mais si Lynx, j'y tiens beaucoup à ce "bordel" justement; il faut entendre un "bordel" chic, énonçé intérieurement par une femme exquisement paniquée par une situation qu'elle ne maitrise pas. Pour l'ambiance, j'espère y parvenir Océane.
Un grand merci à tous, besos caritos mios.
Oui tu y parviens ! Comme je te le disais, on "sent" les parfums et le bruit de la fête, les habitants qui vaquent en fond...Bref une belle caresse d'écriture estivale :)
Thank's Miss Océan!
........
et alors, ce contact des ses mains sur les tiennes ? ....
Tu interprètes Chérie Chérie! Ce n'est pas un journal intime mal assumé, mais une pure fiction...hum...( je dis ce que je veux ).
"Elle leva les mains pour applaudir, mais ses mains ne se rejoindraient jamais, attrapées au vol par les siennes."
désolée, mais quand je lis ça ... je me dis "ben oui, y'a eu contact !!!! et quelques fois ça suffit à faire tourner la tête !!! moi je dis ça, je ne dis rien !!!
J'espère bien que ça lui tourne la tête, à l'héroine. Je voulais simplement préciser que l'héroïne n'est pas moi.
Une kermesse comme ça, j'adore :) Je ressens très bien le trouble de ton héroïne, l'ambiance autour, comme si deux espaces-temps se côtoyaient ; vivement la suite !
Anoushka, merci.(Guérie j'espère)
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