04 novembre 2008
les sambassadeurs
Julie & Anthony sont jeunes et beaux. Ils s'aiment. Ils se marient dans quelques mois. Ils vivent dans une prison dorée un conte de fée: expatriés à Manilles, c'est Dallas Amour, Gloire & Beauté, en pire mieux. Leur ranch 600m2 de maison comprend aussi du personnel de maison, chauffeur, cuisinière, piscine,tattoo de l'île fantastique pool-man...
Le revers de la médaille, c'est qu'ils se doivent d'assurer un maximum minimum de soirées Ferrero receptions , afin de représenter comme ils peuvent il se doit, le franc parler de ma soeur savoir-vivre & recevoir " à la française " en général, et la société qui emploie Monsieur en particulier...
Donc, ambiance coinçée feutrée, manu-curée, frou-frou de jupons moirés, music loundge, chignons bananés. L'ambassadeur est toujours présent. Dans le genre soirée guindée ya pas mieux.
Heureusement Malheureusement, on a jamais su se tenir, dans la famille... Julie l'avait prévenue pourtant: " ... zêtes priée de vous éloigner illico-rapido de mon mari... ma patience à des limites...dégage salope... "
Totalement innefficace. La garce ne décollait pas d'Anthony.
Dès que l'occasion c'est présentée, ma soeur l'a malencontreusement poussée dans la piscine...et PLOUF!
Comme je suis fière de ma petite soeur... Mise en quarantaine par la bonne société pendant quelques semaines, tous sont revenus lui manger dans la main par la suite...
29 octobre 2008
et hop!
Systématiquement, depuis 9 ans, lorsque Eric rentre chez lui: Il éteint son téléphone, et l'enferme dans le coffre de sa voiture. Et systématiquement, depuis 9 ans, il change de numéro de téléphone tous les 6 mois. Jamais il n'a dérogé à la règle. Jamais.
Laurence a eu des doutes. Des soupçons. Puis des preuves de ses infidélités. Multiples.
Eric nie, toujours. Même quand il est pris la main dans la culotte ...
C'est aggaçant à la fin...
DIMANCHE 26 OCTOBRE 2008- Autoroute A10-20h30- Ford escort grise-160km/h
Eric fait un énième laïus à propos de son téléphone: " Laurence, quand vas tu enfin comprendre que c'est pour préserver notre vie de couple et ne pas être dérangés en dehors des heures de travail que je ne fais JAMAIS entrer mon téléphone dans la maison...d'ailleurs le téléphone, je m'en fout...pas besoin en fait...dépendance..."
Laurence ne pipe ( plus depuis longtemps... enfin pas Eric ) pas un mot. Elle prend le téléphone dans la poche d'Eric, occupé à conduire. Ouvre la vitre. ET JETTE LE TELEPHONE.
Ah Ah Ah, génial non? J'adore! Laurence, je t'adore. Bravo! Eric, bien fait pour toi.!Je t'aime pas Eric.
08 octobre 2008
Petite reine
Pas envie.
De vous raconter.
De vous décrire ma stupeur, lorsque je suis sortie de l'immeuble.
Et que mes yeux ( écarquillés ), ma bouche ( ouverte ), mon coeur ( tambour ), ont constatés à l'unisson que mon vélo ( chéri ), avait disparu.
VOLé.
Pas envie.
De partager ma course effrénée à travers les immeubles gris et humides.
Ni de dire la crotte de chien sous ma semelle ( gauche ).
Ni la haine, la rage, la colère .
Pas envie de dire que je les aient retrouvés.
Les 3.
Et poursuivis.
Pas envie de crier les insultes.
Pas envie d'exposer ma joie de l'avoir retrouvée.
Ma bicyclette ( chérie ).
Mes clefs ( de voiture, de maison ).
Ma vie de papier ( agenda ).
Les 2 saucisses fumées offertes par Jacqueline.
Une vieilles pêche ( jaune ).
Mon k-way . Ma pompe à vélo.
Pas envie de montrer mon embarras, lorsque j'ai compris.
La disparition de la carte vitale.
De Paulette.
Puis l'épopée, à vélo, vers la dalle.
La trouille et le culot.
Le troupeau de la racaille.
Mes salutations, distinguées.
Mes exigences.
" Rendez-vous!... bande de castrés "
" Rendez- les-moi ... les papiers..."
Leurs sourires. Leurs belles gueules. Leur gentillesse.
" Voilà Madame, la carte vitale de Paulette. Et puis ses clefs, tenez...
-on savait pas ... vous, l'infirmière. Votre vélo. Les vieux..."
Ouais, " ben faites passer... "
moi j'me charge de faire passer que tout n'est pas pourri en ce bas monde.
MERCI les gars.
01 octobre 2008
tronches de vie
Train de 09h08. Brest-Paris. 3 min d'arrêt en gare de Saint Brieuc.
Rouges sang-de-boeuf, sublimes. Masculines et racées. Un rien rétro, dandy. Les derbies de mes rêves avancent sur la moquette sncf. S'arrêtent dans le couloir, à la droite de mon siège.
Je remonte lentement le long des jambes, recouvertes par un jean gris, métallique.
Dommage que son cul soit plat. ça flotte. ça baille.
on devine la mollesse de la fesse. Le reste de la silhouette est raccord, sport-chic. Rien à redire. Belle élégance. Belle ligne.
Comme elle est de dos, je ne vois que ses cheveux, ni blonds ni châtains. Carré trop long, aux épaules.
Je suis impatiente de découvrir son visage.
Il est hideux.
L'ovale d'une olive. Deux gros yeux bleus exorbités. Le teint trop halé. Son nez cathédrale.
Je la regarde en biais. Intriguée. Cette laideur me rappelle quelqu'un.
Oui!
C'est l' une des ex sexe-friend de mon homme. Elle est mariée.
Je crois qu'il ne la voit plus.
Je me remémore les photos qui me permettent aujourd'hui de savoir qui elle est: une photo où elle pose dans la cabane perchée des enfants. Une autre en bord de mer par temps gris et maussade . Celle où elle suce goulûment la queue de mon homme. Et enfin, celle où elle retrousse sa chemise de nuit, et où on voit son cul ( il me semble qu'elle a maigrit depuis... )
Je partage le comique de la situation avec une ou deux amies , par sms. Je me sens bien. Apaisée. Amusée.
Elle descend à Rennes, bien avant que j'ai pu échafauder un stratagème pour entamer une conversation.
20 août 2008
Un dîner au Chateaubriand...
Elle n'est pas belle, non, elle est pire: longue liane blonde, féline, elle ondule autour des tables, et monopolise le regard des hommes présents dans le restaurant. Mon homme n'échappe pas à la règle. Il est littéralement subjugué par cette femme.
Fred, le patron, vient s'asseoir à notre table. C'est un ami. Un bon ami. Et un homme aussi. Il nous explique son nouveau projet. Précise qu'il a été démarché par un grand architecte pour ce nouveau lieu etc etc...
..." Tiens, à propos d'architecte, je vais vous présenter une amie, architecte elle aussi, brillante ,ex-femme de Jean Nouvel "...
Fred attrape au vol cette eau-vive, et fait les présentations. Maladresse incorrigible du mâle hypertestostéroné, mon Coquin improvise un baise-main, risque un bon mot, bref, n'en peut plus de flatter le cuir de cette sorcière bleue.
En mon for intérieur, je boue. Je suis vexée comme un poux! Passe encore qu'il mate comme un furieux. Il faudrait être aveugle, et je dois avouer qu'elle est aussi sublime qu'impertinente. Mais qu'il lui fasse un baise-main, la langue pendante, en oubliant que je suis là, juste à côté...j'enrage!
Elle ne le quitte pas des yeux. Deux yeux verts de chatte. Elle ne dit rien, ou presque. Elle attend sagemment, un drôle de sourire au coin des lèvres, qu'il ait fini, voilà.
... " Moi Monsieur, c'est votre femme que j'aimerai baiser! " ...
Nous nous sommes retrouvées au bar, en fin de soirée. C'est elle qui est venue me faire la conversation... Charmante. Vraiment. Vert, mon Homme...




